PATRIMOINE

LES BRODERIES : UN PATRIMOINE LUNEVILLOIS

Le patrimoine, par définition, est ce qui constitue l’héritage commun d’un groupe, d’un pays. Pour le cas qui nous préoccupe, ce patrimoine à pris ses racines au cœur même de notre région, ce qui le rend très cher à de nombreux lorrains.
Comme pour d’autres activités propres à telle ou telle région française, la broderie de Lunéville en effet a vu sa production naître dans les foyers de nos villes et de nos campagnes, le travail à domicile étant la méthode alors en vigueur (qui a, du reste, été pratiqué jusqu’à ces dernières décennies).
Valoriser ce patrimoine, c’est donc rendre hommage à tant de générations de brodeuses, telle l’image ancrée dans la mémoire collective, de ces femmes, penchées sur leur métier, manoeuvrant à l’infini ce ‘sacro-saint’ petit outil : le crochet de Lunéville, des jours et des soirées durant, à la lumière incertaine de leur lampe à pétrole.
Oui, c’est bien là une partie de notre héritage, mais au-delà de cet aspect ‘rudimentaire’ du passé, les broderies de Lunéville ont été et restent avant tout une activité du secteur industriel. Même si, pour l’heure, l’activité est moindre que dans les années fastes, elles ont le mérite d’être toujours présentes.
C’est sous l’impulsion du Conservatoire qu’il pu retrouver enfin sa place dans notre paysage patrimonial, et c’est peut-être cette longue absence qui paradoxalement, le mis en lumière et permis d’en valoriser toute la qualité artistique de ce qui a été un véritable métier d‘art.

LE ‘POINT DE LUNEVILLE’ :

Le Point de Lunéville est une technique de broderie apparue à Lunéville vers 1810. Dans le but d’imiter, par un procédé de broderie, certaines dentelles comme Venise, Bruges, Valenciennes .. Lunéville va se spécialiser dans une technique de broderie sur tulle de coton. D’abord travaillant à l’aiguille, on fait rapidement usage du crochet. Cette technique prend alors la dénomination de « Point de Lunéville » Elle connait une grande vogue durant de nombreuses années.
Le travail à domicile a permis à cette activité de broderie d’être extrêmement populaire, et ce patrimoine est véritablement un patrimoine collectif, peu de famille en Lorraine n’ont pas eu une brodeuse à la maison. La broderie était connue comme l’activité dominante de cette région.
Ainsi, Lunéville produit, confectionnés sur tulle, robes, aubes et surplis, nappes d’autel, robes de baptême, bonnets et bavoirs, châles etc … Par contrainte commerciale, cette production amorce son déclin dès la seconde moitié du 19ème, talonnée par la montée en puissance de la broderie perlée (fin du 19ème) La seconde guerre marque l’arrêt de la production.
Les années passèrent et le point de Lunéville sombra dans l’oubli. C’est sous l’impulsion du Conservatoire qu’il pu retrouver enfin sa place dans notre paysage patrimonial, et c’est peut-être cette longue absence qui paradoxalement, le mis en lumière et permis d’en valoriser toute la qualité artistique de ce qui a été un véritable métier d‘art.

LA ‘BRODERIE PERLEE ET PAILLETEE’ :

  Bien connue par rapport au Point de Lunéville, cette technique de broderie lui doit pourtant ses origines. En effet, la base du travail est similaire à celui du point de Lunéville, avec l’usage du métier, crochet de Lunéville. La méthode consiste donc à poser perles et paillettes avec un crochet, au point de chaînette et, particularité, à l’envers. C’est un entrepreneur de broderie de Lunéville qui imagine cette méthode de travail de la perle. Si l’usage de la perle est très ancien, c’est la technique de pose qui est une spécificité lunévilloise, technique ayant comme intérêt essentiel le temps de mise en oeuvre.
Elle a pris son essor sur la fin du XIXème siècle. Elle se développa très nettement au lendemain de la première guerre. Tout au long de son histoire, cette activité a connu des ‘coups
d’accordéon’. Les années folles représentant l’apogée de la production de broderie. Cette période euphorique fût pourtant interrompue en 1929, avec la crise économique. C’est après la seconde guerre que quatre à cinq entreprises poursuivirent l’activité broderie. Elles deviennent de grosses entreprises, structurées. C’est la grande époque des accessoires perlés (sacs à main, bourses etc..)
La broderie perlée et pailletée reste remarquable dans le paysage ‘broderie’. De par sa diversité, ses capacités à créer les effets les plus divers, ses rendus lumineux, elle continue à faire merveille en haute couture, dans le monde du spectacle…
Découvrez ce monde magique, initiez-vous à cette technique, vous en serez ravi(e)
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